D’abord, une définition du mot « brainstorming » ou « tempête d’idées » ou « remue-méninges » (selon Wikipédia):

« Le brainstorming[1] ou remue-méninges[2],[3] est une technique de résolution créative de problème sous la direction d’un animateur, un remue-méninges étant plus spécifiquement une réunion informelle de collecte d’idées… »

En résumé, une période de brainstorming peut se faire seul ou en équipe, mais il est beaucoup plus simple de travailler en équipe.

L’objectif, à mon avis, de faire du brainstorming est d’accéder à la part inconsciente de l’être humain par le biais du subconscient, c’est-à-dire en modifiant l’étant de conscience habituel (rationnel, cartésien, méthodique, ordonné, utile, concentré) et se tourner vers un état de conscience spontanné (irrationnel, mélangé, désordonné, inutile, déconcentré). C’est que notre esprit capte les messages que nous envoient notre environnement et les rends accessible via le subconscient. Plus simplement, tout ce que vous voyez, entendez, sentez, touchez et goûtez est enregistré et il est à votre disposition si vous le permettez. Aussi, les choses que vous percevez vous aideront à créer des choses que vous ne percevez pas encore. Voyons comment faire de l’auto-brainstorming!

Trouver des idées quand on est seul n’est pas aussi évident que lorsqu’on est en groupe. Pourtant, il existe des méthodes assez simples:

A) LA RECHERCHE DE VOCABULAIRE

 

Comme vous le savez sans doute, le sommeil est l’un des moments privilégier pour entrer en contact avec son subconscient. On peut aussi obtenir ds résultats impressionnants en imitant les chamans (rituels, mouvements rapides, gestes directe et vifs), en faisant du yoga ou de la méditation et en écoutant du Mozart.

Prendre un callepin et un crayon. Se coucher ou s’asseoir confortablement (recommandé avec une couverture sur soi ce qui augmente l’impression de confort qui est non-négligeable). Laisser venir les images à son imaginaire.  Noter les images avec des phrases courtes de deux ou trois mots. au besoin lier les mots entre-eux avec des griboullis, des flèches et des dessins afin de créer des schémas et des diagrammes. Une sorte de chaîne d’idée se crée dans le cerveau quand on fait du brainstorming. Il suffit de se raconter l’histoire d’un mot.

En se racontant l’histoire du mot danger, on verra:

  1. Une affiche avec le mot écrit : DANGER!
  2. Un logo avec un point d’exclamation
  3. Une personne blessée
  4. Un tigre qui attaque un chasseur
  5. Une automobile qui roule à toute vitesse
  6. Une tête de mort
  7. Un requin aux grosses dents pointues
  8. La chanson « Danger! Danger! High voltage ! »
  9. La couleur rouge vif
  10. Le sang sur les dents d’un vampire
  11. La panique dans le regard d’un enfant
  12. Une meute de chiens enragés
  13. Un ravin
  14. Etc.

De ces images fortes, on notera des mots clés. Par exemple, on réunira des concepts  clés réunis en catégories comme:

  • D-A-N-G-E-R, point d’exclamation, rouge, « Danger! Danger ! »
  • Blessé, sang, dents, regard
  • Tigre, requin, chiens, vampire
  • Chasseur, enfant
  • Automobile, vitesse, ravin
  • Mort

En ce sens, le résultat du brainstorming est que ce qui est lié au danger est aussi interchangeable. En ce sens, on peut mélanger chaque mot d’une catégorie à une autre et toujours évoquer le danger. Par exemple:

 « Danger! Enfant blessé par un vampire. »

Bref, on accumulera un vocabulaire d’usage lié au concept sur lequel se porte le braisntorming. Il sera ensuite possible de créer des noms pour ces catégories:

  • Symbole de danger
  • Évocation du corps
  • Bêtes
  • Personnages
  • Vitesse
  • Mort

Une fois ces mots notés et catégorisés, il suffit de les mélanger entre eux ou de sortir de nouveaux mots pouvant aussi faire parti de la catégorie. Exemple avec la catégorie Bêtes:

  • Loup-Garou
  • Monstre
  • Bestiole
  • Venimeux
  • Serpent
  • Etc.

Par exemple, on pourrait arriver à la conclusion que le danger est une peur de la mort occasionnée par un choc rapide dû à un évênement spontanné comme celui-ci:

« Rencontrer un Loup-Garou dans une forêt sombre la nuit. »

Note: Ce genre d’opération pourra aussi être effectuée avec des images, ce qui donnera au final un collage d’images qui évoquent toutes un même concept. Ces images seront alors des images clés du concept.

B) LE CHOC AVEC SOI-MÊME

La mémoire est votre meilleur ami lors d’un remue-méninge. Par contre, la métode du choc avec soi-même n’est pas conseillée à tous, mais je suggère fortement aux artistes et créateurs blasés de l’essayer. Il s’agit de renouveller avec ses vieilles photos d’enfance, ses albums-souvenirs et ses collections d’objets et d’images. On peut aussi faire une liste des choses qu’on associe immédiatement entre elles comme: art et cuisine, même si ces deux concepts semblent d’abord très éloignés les uns des autres. Cette méthode plus expérimentale permet de trouver les motivations profondes des gens. Elle est aussi utile si on cherche à donner du sens à une information qu’on n’arrive pas à comprendre.

C) LA MISE EN CONTEXTE/MISE EN SCÈNE

Il suffit de donner vie à un concept ou une idée. Il faut imaginer sa personnalité, son caractère, son habillement, son environnement, son but dans la vie, ses passions, etc. Par exemple, si je cherche de quoi devrait avoir l’air la maison de mes rêves, je recommande une réflexion sur:

  • Qu’est-ce que je ressens au plus profond de moi par rapport à la maison de mes rêves?
  • Qu’est-ce que je dirais de la maison de mes rêves si c’était multipliée à l’infini?
  • Est-ce que je pourrais faire une marriage entre la maison de mes rêves et autre chose?
  • Si la maison de mes rêves posait problème, je ferais quoi?
  • Quel serait le partenaire idéal de la maison de mes rêves?
  • Quel est le mère, le père, le frère, la soeur de la maison de mes rêves?
  • Quel est l’histoire de la maison de mes rêves?
  • Etc.

Il est important de ne pas se limiter à la forme standard des choses et surtout se donner droit à la folie créatrice.

D) LE RÊVE

Certaines personnes pratiquent aussi l’autosuggestion avant le sommeil. Il suffit de se donner un objectif à résoudre durant son sommeil et de laisser aller son imagination. On note les résultats du rêve au réveil. Je vous assure que ça fonctionne mieux quand on n’est pas dans une période de trouble ou de panique. Dans les rêves, il est possible de voir des symboles et des représentations très claires d’inventions, de mécanismes, d’oeuvres à achever, etc. Au sujet de l’interprétation des rêves, il existe une littérature abondante. À ce sujet, je vous invite à lire les textes de Nicole Gratton, hygiéniste du sommeil (autrement dit la spécialiste des rêves).

E) LE JEU

Parfois, il suffit simplement de faire un jeu pour trouver de nouvelles idées. Parmi les jeux les plus efficaces, je note ceux qui font appel aux mots, à la logique mathématique et aux sens du toucher. Voici des exemples de jeux intéressants à utiliser en période de brainstorming:

  • Pâte à modeler
  • Cube rubique
  • Jeu-vidéo comme Tetris
  • Scrabble (et oui, sortez-le de votre placard!)
  • Jeu du dictionnaire (chercher un mot au hasard)
  • Balle anti-stress
  • Blocs Légos

Il existe aussi des outils de contemplation et de méditation qui animent l’imaginaire:

  • Lettes aimantés ou sous forme d’auto-collant ou Post-it
  • Solides de Platon en 3D
  • Revues, livres d’images
  • Films de Science-fiction (très recommandés!)
  • Regarder des vidéos ou des images au hasard sur Internet

Enfin, certaines activités répétitives favorisent l’émergence d’idées nouvelles me semble-t-il:

  • Jouer d’un instrument de musique
  • Faire un sport demandant beaucoup de coordonation
  • Tester et retester, bricoler, faire une expérience scientifique
  • Dessiner
  • Écrire
  • Observer la nature en entrant en contact avec des animaux et des plantes

En somme, il est possible de pratiquer un brainstorm de façon solitaire. Il suffit de se donner la chance d’aérer ses méninges!

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  1. Xix

    Votre blog m’intéresse. Nous traitons souvent de sujets proches. Voici une technique "d’auto-brainstorming" dont je parlis il y a quelques temps: http://unoeil.wordpress.com/2010/01/04/refuser-la-premiere-idee-qui-vient/





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    LE DESIGN TOUT SIMPLEMENT est un essai qui vise à répondre à quatre grandes questions relatives au design : Qu’est-ce que le design? À quoi sert le design? Qu’est-ce qu’un bon design? Comment travaille un designer?  Né à Québec en 1987, Laurent Marcoux est diplômé en technique de design industriel au cégep de Sainte-Foy (Québec, Canada). Consultant en design, recherche et développement, il est l’auteur d’un blogue : http://designer-entreprise.com.  Notes générales: Ce texte fait 31 pages. Aucun échange. Aucun remboursement.